Mon travail est axé sur la pratique maîtrisée du phénomène optique, rétinien et symbolique qu'est la couleur. Ici, la couleur s'étend, s'entend comme matériau et médium, sans commencement ni fin sur des surfaces de plus en plus vastes. Ainsi, le regardeur s'y accroche, s'y perd, s'y noie ou s'en défait au fil du passage changeant de la lumière. Il s'agirait de capturer la couleur dans son état primitif pour garder vive et ardente cette sensation physique, bonne, goulue presque comestible qu'on a lorsqu'on ouvre un tube pour la première fois. Montrer sans jamais démontrer qu'elle se suffit à elle-même pour faire dresser le poil. Cette peinture physique devient mentale quand elle pose, non pas la question mais la sensation ou le vague sentiment de la présence invisible et indicible du temps qui passe...